Naima Akef

Les Légendes de la Danse Orientale


Raqs el Sharqi signifie textuellement en arabe « danse de l’Orient » ou « danse orientale ».

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Bien que cette danse existe sous différentes formes à travers le Proche Orient et l’Afrique du Nord, c’est en Egypte qu’elle s’est récemment le plus épanouie et le plus développée. Malgré le fait que l’origine de cette danse puisse être sujette à de nombreuses hypothèses, cette dernière est sans aucun doute très ancienne. A l’heure actuelle la plupart des descriptions que nous possédons ont été faites en Egypte par les voyageurs occidentaux du siècle dernier. C’est notamment à cette époque que le terme non approprié et péjoratif de « danse du ventre » fit son apparition.

Du 19ème siècle jusqu’aux premières décennies du 20ème siècle, les danseuses professionnelles en Egypte étaient soit des Awâlim (Almées) soit des Ghawâzee. Bien que chaque femme égyptienne sache danser peu d’entre elles pouvaient exercer un métier tellement sujet à l’interdit. Les Ghawâzee étaient des tziganes se produisant d’habitude dans les rues ou les cours intérieures au sein de milieux très populaires.

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Les Awâlim plus respectées s’inscrivaient dans une tradition plus savante qui incluait non seulement la danse mais le chant, la poésie et le jeu musical. Ce sont elles qui animaient les soirées de milieux plus aisés. Parmi les plus fameuses danseuses awâlim du début de ce siècle il y avait quelques célébrités dont : Bamba Kashar, Jalilah et Shafika al-Koptia.

Jusqu’au début des années 30 les danseuses se produisaient essentiellement chez les gens ou dans les cafés. Puis au Caire une libanaise nommée Badia Mansabny ouvrit alors un night-club appelé « Casino Badia «  s’inspirant des cabarets européens à la mode. Un programme très varié comprenait un spectacle oriental grâce à des danseuses, chanteurs, musiciens et comédiens ainsi que quelques numéros d’inspiration occidentale. Une matinée était offerte l’après-midi pour les familles. Ainsi après s’être limité à des espaces scéniques très restreints, la danse orientale Raqs Sharqi du s’adapter à une véritable et vaste scène. Ce sont des chorégraphes européens qui auprès de Badia Mansabny formèrent des danseuses orientales et adaptèrent des éléments empruntés à d’autres danses traditionnelles. C’est aussi à cette époque que la fameuse tenue de deux pièces brillantes et scintillantes de paillettes fut irrémédiablement associée à cette époque.

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Dans cette période aussi, beaucoup de films musicaux furent produits en Egypte. Beaucoup d’entre eux présentaient une danseuse orientale très souvent choisie dans le fameux casino de Badia Mansabny. C’est ainsi que deux choristes : Tahia Carioca et Samia Gamal devinrent des grandes dames du cinéma égyptien. A travers le cinéma, aussi bien qu’avec le casino, les danseuses obtenaient un statut et une célébrité impensable dans le passé. Aujourd’hui les grandes danseuses se produisent dans les night club des grands hôtels côtoyant les plus grandes stars de la chanson aussi bien que les fêtes de mariage, les théâtres et les films. Quelques compositeurs célèbres composent spécialement des musiques adaptées aux chorégraphies de ces danseuses.

Actuellement, la danse orientale n’est diffusée que les chaînes privées égyptiennes, mais elle s’épanouit encore à travers les troupes de danse folklorique. Au théâtre, certaines comédies offrent aussi l’occasion d’y voir de la danse orientale interprétée par les danseuse les plus populaires.

A l’étranger, le monde entier s’intéresse à cet art, des écoles se sont installées partout en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, des études sont faites pour analyser le sens des mouvements et connaître l’histoire et les origines de cette danse.